DU DROIT D’ASILE
Local L.D.H.
Salle Drevet
9, quai des
Clarisses
à
Monsieur
le Préfet de la Haute-Savoie
Objet : reconduites au KOSOVO.
Monsieur le Préfet ;
Il ne se passe
guère de semaines sans que soit invoqué pour justifier telle ou telle décision,
le principe de précaution, qui devrait d'ailleurs être un souci permanent pour
toute mesure touchant à la sûreté des personnes .
Et c’est au nom
de ce principe que l’administration préfectorale décide de recourir à la
reconduite forcée dans leur pays de demandeurs d’asile déboutés.
Les graves
évènements survenus au KOSOVO montrent malheureusement à quel point la belle
suffisance du discours officiel sur le fait que cette province serait
maintenant sûre avec la présence de la KAFOR est loin de ce principe de
précaution ,et que la "purification ethnique" n'y a rien perdu de sa
virulence!
Bien que la France s'honore d'avoir reconnu et d'appliquer la
déclaration universelle des droits de l'homme affirmant que tous les hommes
naissent libres et égaux en droit, il semble que ce principe de précaution
s'apprécie différemment selon que l'on est Français électeur ou Kosovar devant
être reconduit urgemment dans son pays , sans qu'il soit nécessaire de se
donner le temps de s'assurer que les évènements récents ne constituent pas des
faits nouveaux concernant l'état de sûreté de ces personnes dans cette région .
D’autant que la majorité de
demandeurs d’asile d’origine kosovare que nous avons rencontrés et aidés ont
souvent exprimé, pour justifier leur fuite vers la France, leur refus d’un
ultimatisme communautaire dont ils étaient les premières victimes en rejetant
toute radicalité exclusive qui vient, dramatiquement de se manifester durement
et, c’est à craindre, durablement,
Voilà
pourquoi nous souhaiterions que vous suspendiez le recours aux APRF pour les
Albanais du Kosovo tant que la preuve d’un équilibre durable n’a pas été
apportée.
Veuillez
agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre attachement à la défense des
Droits de l’Homme.