COMITE POUR LA DEFENSE

DU DROIT D’ASILE

Local  L.D.H.  Salle Drevet

9, quai des Clarisses

74000                        ANNECY

Annecy, le 23 mars 2004.          

                                                                                    à

 

 

                                        Monsieur le Préfet de la Haute-Savoie

 

 

Objet : reconduites au KOSOVO.

 

 

            Monsieur le Préfet ;

 

 

Il ne se passe guère de semaines sans que soit invoqué pour justifier telle ou telle décision, le principe de précaution, qui devrait d'ailleurs être un souci permanent pour toute mesure touchant à la sûreté des personnes .

Et c’est au nom de ce principe que l’administration préfectorale décide de recourir à la reconduite forcée dans leur pays de demandeurs d’asile déboutés.

Les graves évènements survenus au KOSOVO montrent malheureusement à quel point la belle suffisance du discours officiel sur le fait que cette province serait maintenant sûre avec la présence de la KAFOR est loin de ce principe de précaution ,et que la "purification ethnique" n'y a rien perdu de sa virulence!

Bien que la France  s'honore d'avoir reconnu et d'appliquer la déclaration universelle des droits de l'homme affirmant que tous les hommes naissent libres et égaux en droit, il semble que ce principe de précaution s'apprécie différemment selon que l'on est Français électeur ou Kosovar devant être reconduit urgemment dans son pays , sans qu'il soit nécessaire de se donner le temps de s'assurer que les évènements récents ne constituent pas des faits nouveaux concernant l'état de sûreté de ces personnes dans cette région .

            D’autant que la majorité de demandeurs d’asile d’origine kosovare que nous avons rencontrés et aidés ont souvent exprimé, pour justifier leur fuite vers la France, leur refus d’un ultimatisme communautaire dont ils étaient les premières victimes en rejetant toute radicalité exclusive qui vient, dramatiquement de se manifester durement et, c’est à craindre, durablement,

            Voilà pourquoi nous souhaiterions que vous suspendiez le recours aux APRF pour les Albanais du Kosovo tant que la preuve d’un équilibre durable n’a pas été apportée.

            Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre attachement à la défense des Droits de l’Homme.