SANS PAPIERS en lutte >>>coordination nationale

OCCUPATIONS DES SANS PAPIERS A PARIS ET A LILLE :

SIEGE DE L’OMI A PARIS ET LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE A LILLE !

Ce mercredi 21 avril 2004, 300 sans papiers des collectifs du 11ème, du 18ème et du 19ème ont occupé l’OMI, 221 Avenue Pierre Brossolette. L’occupation a duré de 10h à 13h. La Préfecture de Paris s’est engagée à recevoir une délégation pour donner les résultats des examens en cours.

Vers 15h, une centaine de sans papiers du CSP59 occupait à leur tour la Chambre de Commerce et d’industrie de Lille. Ils seront expulsés du lieu vers 17h. Le porte parole du CSP59 a été enlevé de terre et traîné jusqu’à l’extérieur. Une femme et son enfant ont été frappés. Fatima est à l’hôpital Dron avec un pied gonflé. Un policier a osé répondre à la maman qui se plaignait des coups donnés à son fils de 11 ans: « Moi, mon fils est à la maison ». Nous lui avons rétorqué : « La dignité de nos mères courages, c’est que justement elles se battent pour que leurs enfants puissent vivre comme son fils à lui ».

L’OMI, Office des Migrations Internationales, est un organisme d’état où s’effectue les « visites » de Sans Papiers dans le cadre des régularisations. Il se trouve que les pratiques consistant à régulariser les parents sans les enfants sont devenues courantes. Sans compter le fait que les régularisations sont actuellement arrachées au compte gouttes. La politique de non régularisation de Sarkozy est accompagnée d’une répression dont l’objectif est de maintenir les sans papiers dans l’inexistence légale et ainsi de rallier une partie de l’électorat lepéniste.

La Chambre de Commerce et d’Industrie est un organisme patronal. La politique de clandestinisation des sans papiers par le gouvernement sert le patronat qui a ainsi non seulement la masse des chômeurs, mais aussi les sans papiers comme moyens de pression sur tous les salariés pour qu’ils acceptent la précarité et les reculs de leurs droits sociaux et démocratiques.

Le représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie a déclaré : « Nous ne faisons ni de la politique, ni du social » avant d’ajouter « Nous sommes sensibles au drame humain, mais les sans papiers, c’est politique et social ».

En fait les sans papiers sont venus dénoncer la responsabilité entière des patrons dans le sort invivable qui leur est fait par le gouvernement. Les sans papiers sont venus pour dire : « Vous patrons, vous êtes de profiteurs et les organisateurs de l’esclavage des temps modernes que nous subissons. Vous avez de plus en plus besoin de main d’œuvre, donc d’immigré(e)s devant le vieillissement de la population et la faiblesse de la natalité. De l’ONU, au Conseil Economique et Social, du Ministère du Plan aux Instituts démographiques, tous disent que les pays comme la France vont devoir faire venir des millions de travailleurs étrangers ».

Les sans papiers sont venus dire aussi : « Vous patrons, vous êtes donc la cause et les responsables de la contradiction entre ce besoin de travailleurs " neufs " et la politique répressive qui fait de nous les travailleurs les plus précaires, niés dans notre droit à l’existence légale ». A ce titre : « Vous êtes responsables de la montée électorale et de l’installation électorale du lepénisme ».

Fait à Paris le 21 avril 2004

Samedi 1er Mai à 10h

Manifestation avec le mouvement Syndical et l’ensemble des travailleurs